{"id":2177,"date":"2021-04-18T14:18:41","date_gmt":"2021-04-18T12:18:41","guid":{"rendered":"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2177"},"modified":"2024-01-21T11:47:05","modified_gmt":"2024-01-21T10:47:05","slug":"jm-a-jr-fresnes-46-10-13","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2177","title":{"rendered":"JM \u00e0 JR (Fresnes 46\/10\/13)"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong><a href=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2172\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-1352 alignleft\" src=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Lettre-precedente.jpg\" alt=\"\" width=\"143\" height=\"78\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2182\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-1353\" src=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Lettre-suivante.jpg\" alt=\"\" width=\"139\" height=\"76\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Dimanche 13 octobre 1946<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Ma ch\u00e9rie,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour que tu n\u2019aies pas de reproches \u00e0 me faire, je commence d\u00e8s dimanche \u00e0 gratter le papier. Simple dimanche. Les roses rouges sont encore l\u00e0, sur ma table, la plupart fan\u00e9es, grises de poussi\u00e8re, une ou deux vigoureuses, tendant avec t\u00e9nacit\u00e9 leurs p\u00e9tales color\u00e9s \u00e0 l\u2019exc\u00e8s vers la lumi\u00e8re ou le papier du mur, ou le papier de ma table, ou mon b\u00e9ret enfonc\u00e9 jusqu\u2019aux oreilles, car il commence \u00e0 faire froid. Que pensent les roses en bouton qui ruminent, se renfrognent, se concentrent, les dimanches d\u2019octobre\u00a0? O\u00f9 s\u2019en va la couleur \u00e9clatante des roses n\u00e9es sous le soleil qui viennent mourir en prison contre l\u2019\u0153il vif d\u2019un d\u00e9tenu, lui apportant souvenirs, espoirs, dur\u00e9e, patience, lui disant que la terre est chaude, le ciel toujours clair, les hommes fous, mais pleines d\u2019un suc de vie secr\u00e8te\u00a0? J\u2019aurai dur\u00e9 davantage avec les fleurs qu\u2019avec tous les bons conseils du monde. Les cactus aussi s\u2019affirment tenaces dans la bo\u00eete o\u00f9 ils ont repris vigueur. Si mes pens\u00e9es les plus affectueuses s\u2019en vont au loin par del\u00e0 les murs pour baigner certaines oreilles d\u2019effluves tendres, d\u2019autres plus menues s\u2019arr\u00eatent l\u00e0 sur des p\u00e9tales ou des piquants et vivent accroch\u00e9s au poil de quelque fruit du d\u00e9sert au nom latin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tr\u00e8s belle ta citation de Lamartine. Tu peux m\u2019en envoyer encore quelques phrases, si elles te plaisent. Pour Lamartine et pour ce qui te plait. Il me faut savoir \u00e0 quoi s\u2019accroche ton \u0153il, avec quoi tu te nourris, quelles sont les phrases qui te r\u00e9jouissent. Le lait de la vie, c\u2019est la po\u00e9sie, ou la simplicit\u00e9, ou la grandeur, les trois ensembles. Question de langue, de mots. Il y a des verbes qui nous auront fait marcher des ann\u00e9es, pour le bonheur de les retrouver au d\u00e9tour de la rue. Je comprends de plus en plus les isol\u00e9s, les ermites, les encellul\u00e9s de toutes sortes \u2013 chr\u00e9tiens ou la\u00efques \u2013 po\u00e8tes ou bandits. Et encore, parmi ces derniers, combien auraient fait d\u2019honn\u00eates gens si on avait pris la peine de leur montrer le chemin de la puissance. Rien n\u2019est moins encha\u00een\u00e9 qu\u2019un condamn\u00e9, ou qu\u2019un pr\u00e9venu politique. Il s\u2019est tant lib\u00e9r\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 malfaisante qu\u2019il a retrouv\u00e9 l\u2019envol qui lui permettra d\u2019atteindre ce plus haut poste de vie. Les r\u00e9prouv\u00e9s sont toujours mieux b\u00e9nis que les conformistes. On se sent tellement plus \u00e0 l\u2019aise quand la haine de ses ennemis a bris\u00e9 tous les compromis possibles. Les cha\u00eenes, c\u2019\u00e9taient les habitudes tol\u00e9rantes, l\u2019accord de surface consenti \u00e0 de mauvais pr\u00eatres. Mieux vaut rompre avec le mal que de souffrir en patience, donc l\u2019encourager dans sa forme la plus secr\u00e8te.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Beau, bon dimanche. Si calme, si tranquille. J\u2019ai corrig\u00e9 tous mes vers. Fini <em><a href=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=770\">Hypodami<\/a>e<\/em>, trag\u00e9die grecque, que je vais recopier d\u2019ici quelques jours pour en avoir un deuxi\u00e8me exemplaire. Je compte sur toi pour abattre tout le travail \u00e0 faire avec une promptitude d\u00e9vou\u00e9e. Mais, ai-je besoin de te demander quoi que ce soit. Tu m\u2019accordes tout avant que je le d\u00e9sire. Jamais je n\u2019eus \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s telle tendresse (si je te demande d\u2019aller vite, c\u2019est pour le dossier car je crois que cela peut compter).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donc, tu viendras jeudi. Je ne te dirai pas que je compte les jours. Pour moi, tout est toujours aujourd\u2019hui, demain. Le temps ne compte plus. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 hier. Je sortirai demain. Aujourd\u2019hui je suis aussi libre que le nuage ou l\u2019oiseau. Et ma libert\u00e9 est de mettre mon front dans tes cheveux, de sentir sur ta nuque le battement pr\u00e9cipit\u00e9 de ton sang, de bercer longtemps ta t\u00eate aux yeux clos sur ma poitrine attentive. Le bonheur, c\u2019est toujours d\u2019attendre (Dans <em>Hypodamie<\/em>, un des personnage en donne une d\u00e9finition contraire\u00a0: le bonheur est dans la maison plus haute, une conscience de soi). Disons donc que le bonheur n\u2019est plus d\u2019attendre mais d\u2019arriver. En tous cas, jamais d\u2019<u>\u00eatre<\/u> arriv\u00e9, ce qui suppose la sati\u00e9t\u00e9. D\u00e8s qu\u2019arriv\u00e9, il nous faut repartir. On ne peut vivre qu\u2019en mouvement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, tu r\u00e9pondras \u00e0 toutes les questions que je te pose. Mais je n\u2019en n\u2019ai pos\u00e9 que fort peu. Vais-je devoir pr\u00e9parer un questionnaire en 365 pages o\u00f9 vingt questions les plus importantes seront pos\u00e9es tous les jours qu\u2019il faudra r\u00e9soudre\u00a0? La vie enti\u00e8re est une question multiple. C\u2019est l\u2019homme qui doit r\u00e9pondre. La solution est en nous quand notre esprit s\u2019\u00e9claire au mieux. Quiconque pr\u00e9tend rester dans le cercle infernal de la terre ne trouve jamais la tranquillit\u00e9. Il meurt sans avoir accompli sa t\u00e2che qui \u00e9tait de r\u00e9soudre le probl\u00e8me. Par contre, celui qui trouve ne meurt pas. Car il est entr\u00e9 dans la vie, en m\u00eame temps qu\u2019il a compris le moyen d\u2019\u00eatre avec l\u2019infini, de vivre avec l\u2019esp\u00e9rance renouvel\u00e9e, de parvenir \u00e0 sa propre taille. Les hommes ne sont grands que par le c\u0153ur, ou l\u2019esprit, ce qui est tout un. On y entre que par la porte du silence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je t\u2019embrasse. Et puisqu\u2019il te plait, encore une fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Propos pratiques\u00a0: j\u2019ai besoin<\/p>\n<ol>\n<li style=\"text-align: justify;\">de punaises<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">d\u2019un savon dentifrice \u2013 mod\u00e8le rond pour la bo\u00eete que tu m\u2019envoyas<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">de moutarde<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">de papier brouillon comme la derni\u00e8re fois \u2013 le vert est meilleur que le blanc<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">de lettres plus longues, plus serr\u00e9es, plus sentimentales, plus profondes, plus d\u00e9taill\u00e9es, plus menues, toutes pleines d\u2019abandon total<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">de photos de <u>toi<\/u><\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">de chemises fortes en carton solide (2 ou 3).<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mes doubles p\u00e9tunias durent encore. Quelques gueules de loup. Il brume sur ce doux paysage d\u2019\u00cele-de-France o\u00f9 r\u00e9gna jadis tant de douceur humaine et sur qui s\u2019abat aujourd\u2019hui tant de m\u00e9chancet\u00e9. Les lointains sont envelopp\u00e9s dans une douceur ouat\u00e9e o\u00f9 transparaissent des frondaisons massives aujourd\u2019hui noy\u00e9es de tendresse. Un soleil doux arrive \u00e0 peine \u00e0 caresser la cime des arbres d\u2019une lumi\u00e8re si p\u00e2le qu\u2019elle semble enfantine. Le son des avions est adouci par tant de bu\u00e9e. O\u00f9 sont les lumi\u00e8res br\u00fblantes d\u2019il y a deux mois qui cuisaient les tomates sur ma fen\u00eatre\u00a0? Elles voyagent, caressent des peaux n\u00e8gres, rudoient la for\u00eat vierge o\u00f9 s\u2019entrelacent les serpents heureux, fouaillent les rochers de l\u2019\u00c9quateur. Nous aurons peut-\u00eatre un jour prochain des paysages \u00e9clatants devant nos yeux hardis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comment la France votera-t-elle aujourd\u2019hui\u00a0? Pour un monde d\u2019ordre ou de furie\u00a0? Pour la guerre entre les hommes ou la main tendre vers le pardon des injures\u00a0? Pour le travail ou l\u2019alcool\u00a0? Pour la vie ou la mort\u00a0? Chaque homme d\u00e9cide lui-m\u00eame ce qu\u2019il est, ce qu\u2019il sera. J\u2019ai choisi d\u2019\u00eatre libre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c\u2019est au moment m\u00eame o\u00f9 je pense me lib\u00e9rer d\u2019entraves si banales que je pense le plus \u00e0 m\u2019associer, en cr\u00e9ant d\u2019autres liens. Je voudrais bien savoir ce que tu as pu me r\u00e9pondre sur la question religieuse\u00a0? Tr\u00e8s important. Il ne s\u2019agit pas de me plaire, mais de savoir o\u00f9 tu en es pour pouvoir marcher d\u2019un m\u00eame pas, o\u00f9 t\u2019entra\u00eener \u00e0 gravir les rochers qui te sont trop blessants. \u00c0 moins que tu pr\u00e9f\u00e8res une prairie de la plaine avec tous les vertiges d\u2019en bas. L\u00e0 aussi, Dieu nous donne r\u00e9ponse, panse nos blessures, affermit nos volont\u00e9s, dirige nos efforts. C\u2019est lui qui accouple ou d\u00e9sunit. C\u2019est en fonction de son ordre que nous ouvrons nos mains, ou que nous refusons de d\u00e9voiler nos secrets. La vie sur les cimes habitue au silence et \u00e0 la mont\u00e9e rude. Plus la vie est rare, plus elle appara\u00eet vide de plaisirs habituels, plus les paysages sont inviol\u00e9s et grandioses. Qui n\u2019a pas connu la hauteur des vierges rochers ne sait pas prier ni vivre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je te salue encore pour ce dimanche. Nous avons joint nos mains assez longtemps pour que tu en gardes toute la chaleur pendant ton sommeil. Pas de r\u00eaves, mais la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Pas d\u2019espoir, une pr\u00e9sence. Mais oui, je suis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de toi. Il n\u2019y a pas de murs qui m\u2019emp\u00eachent d\u2019aborder ta pens\u00e9e, de p\u00e9n\u00e9trer ton mental, de boire l\u2019eau pure de tes l\u00e8vres tendres, comme l\u2019acide de tes impatiences. \u00c0 demain.<\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\"><u>Lundi<\/u>.<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi la France a vot\u00e9 Oui, par une majorit\u00e9 aussi miteuse\u00a0! 33% d\u2019abstentions. C\u2019est un suicide. Ce pays ne r\u00e9agit plus, n\u2019est plus guid\u00e9. Il va \u00e0 la d\u00e9rive. Dans des circonstances aussi tragiques. \u00c0 la veille d\u2019une guerre internationale d\u2019une ampleur jamais atteinte. Voil\u00e0 \u00e0 quoi aboutit la politique d\u2019abandon. Les \u00e9lites sont soit en prison, soit terroris\u00e9es\u00a0: les gangs fourmillent. La catastrophe financi\u00e8re approche. Va-t-on toucher le fond de l\u2019ab\u00eeme\u00a0? Ce n\u2019est pas faute de l\u2019avoir pr\u00e9dit. Enfin\u00a0! Patientons toujours. Merci pour tes amis. J\u2019esp\u00e8re qu\u2019ils pourront attendre longtemps encore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">As-tu bien dormi\u00a0? Depuis hier j\u2019ai aval\u00e9 quelques bouquins. Fini un Maurras (<em>Sous le signe de Flore<\/em>), un Giraudoux (<em>Pleins pouvoirs<\/em>). Dans la semaine <em>Mlle de la Fert\u00e9<\/em> (Pierre Benoit), <em>Aux fontaines du d\u00e9sir<\/em> (Montherlant), <em>La Grande \u00e9preuve de D\u00e9mocratie<\/em> (Benda), une \u00e9tude sur La Fontaine (Giraudoux), un Fabre-Luce, une \u00e9tude sur Fatima. Si tu peux te procurer <em>Sparkenbroke<\/em> (de Charles Morgan) lis-le, c\u2019est un grand chef-d\u2019\u0153uvre. J\u2019ai lu aussi <em>Ambre<\/em> (magnifique, gros roman anglais), <em>La Renarde<\/em> (Mary Webb), etc\u2026 Si je te dis la liste de tous les bouquins du mois\u00a0! R\u00e9guli\u00e8rement cinq par semaine. La biblioth\u00e8que est bonne. Elle est faite par les d\u00e9tenus qui y collaborent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Re\u00e7u le colis. Le nez sur les \u0153illets et le mimosa, je continue \u00e0 y trouver ton image. Sur mon mur, Fr\u00e9d\u00e9ric chevauche sa bicyclette, sourit, met son pied un sur l\u2019autre, montre au soleil de Chevreuse tout son soleil d\u2019enfant blond. Qu\u2019il soit ma\u00eetre de la vie et des circonstances, c\u2019est tout ce qu\u2019on lui souhaite et pour ce, on lui ouvrira les portes mentales qu\u2019il faut. Pas de prison dans les formules, les dogmes les pr\u00e9ceptes humains, les recettes de basse cuisine sociale ou politique, l\u2019air libre, la puissance de vivre, la force qui se d\u00e9gage de l\u2019amour des hommes, des choses et des principes. Un homme, c\u2019est un perp\u00e9tuel vainqueur. Il fut des vainqueurs triomphants qui pass\u00e8rent un temps en cellule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma m\u00e8re a eu la bont\u00e9 de m\u2019envoyer mon veston bleu. Remercie-la. J\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la robe de chambre demand\u00e9e si elle l\u2019avait encore. La personne qui me la confia ne la r\u00e9clamant pas, et ayant disparu, je pensais l\u2019utiliser. Qu\u2019elle me la joigne donc au prochain colis. Je lui renverrai le veston, moins pratique. Elle m\u2019offrit aussi un couvre-pied magnifique, arlequin\u00e9, fait de vieux bouts de tissu inutile, qui me r\u00e9jouit autant que la vieille fille am\u00e9ricaine qui le cousit. Peut-on \u00eatre aussi pratique, d\u00e9vou\u00e9e et manquer \u00e0 ce point de go\u00fbt, mais non point d\u2019amour, ce qui est le meilleur\u00a0! Remercions donc en bloc\u00a0 les participants \u00e0 ce don\u00a0; qu\u2019ils sachent que nous sommes \u00e9mus, attendris par leurs papillotes futiles, et que tant de na\u00efvet\u00e9 nous ram\u00e8ne \u00e0 de vieux no\u00ebls b\u00e9nis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019astrologue de l\u2019\u00e9tage d\u2019au-dessous m\u2019a fait mon horoscope jusqu\u2019\u00e0 73 ans, date \u00e0 laquelle parait-il je devrais d\u00e9m\u00e9nager en d\u2019autres cieux. Il me pr\u00e9dit une sortie prochaine, un nouvel emprisonnement beaucoup plus dur (mais beaucoup plus court) dans un an, et des tas de succ\u00e8s post\u00e9rieurs. Enfin, une vraie vie d\u2019homme. Pour les questions sentimentales pas de d\u00e9g\u00e2ts. Donc, patience, mets tes doigts dans les miens, et donne-moi tes yeux en confiance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je pense donc, comme convenu, te voir ce jeudi, seule, dans la cage, avec tous tes sourires, tes atours, etc\u2026 Tu apportes l<em>\u2019Albarran.<\/em> Bien plus, tu apportes l\u2019avenir et le pr\u00e9sent. Tu apportes le repos et le mouvement du c\u0153ur. Tes \u0153illets se d\u00e9frisent lentement. Les feuilles de mimosa sont comme des lances de couteau \u00e0 dessert de po\u00e8te. Elles tranchent l\u2019ind\u00e9cision. Chaque boule est un monde plan\u00e9taire sur quoi vivent des dieux. De qui sommes-nous les g\u00e9ants\u00a0? Il ne faut se faire ni plus grand, ni plus petit qu\u2019on est. Gulliver a toujours tort de manipuler son t\u00e9lescope, ou microscope, qu\u2019il braque sur l\u2019homme.<\/p>\n<p>Je t\u2019embrasse. Une fois, deux, trois, quatre\u2026<\/p>\n<p>J.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Dimanche 13 octobre 1946 Ma ch\u00e9rie, Pour que tu n\u2019aies pas de reproches \u00e0 me faire, je commence d\u00e8s dimanche \u00e0 gratter le papier. Simple dimanche. 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