{"id":2254,"date":"2021-04-20T10:19:18","date_gmt":"2021-04-20T08:19:18","guid":{"rendered":"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2254"},"modified":"2024-01-21T17:39:42","modified_gmt":"2024-01-21T16:39:42","slug":"2254-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2254","title":{"rendered":"JM \u00e0 JR (Fresnes 47\/01\/20)"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong><a href=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2240\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-1352 alignleft\" src=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Lettre-precedente.jpg\" alt=\"\" width=\"143\" height=\"78\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2261\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-1353\" src=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Lettre-suivante.jpg\" alt=\"\" width=\"139\" height=\"76\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Lundi 20 janvier 1947<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Ma ch\u00e9rie, ma seule ch\u00e9rie,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon moineau ch\u00e9ri. Mon avenir ch\u00e9ri. Mon bonheur ch\u00e9ri. Au moins que je t&rsquo;en donne, que j&rsquo;en ai trop plein le c\u0153ur. Au moins que tu saches. Tu as d\u00e9cha\u00een\u00e9 des grandes forces qui sommeillaient, qui se refoulaient, qui refuseraient le jour d&rsquo;\u00eatre m\u00e9connues. Tu as toute la responsabilit\u00e9 de ce flot. Tant pis pour toi, si tu t&rsquo;en trouves noy\u00e9e de pr\u00e9venance, emport\u00e9e par une vague de fond, du plus profond, du meilleur profond. Tu sais que je suis terrible quand j&rsquo;aime. Je t\u00e2che d&rsquo;\u00eatre aussi gentil qu&rsquo;on ne peut plus s&rsquo;en sortir, et si affectueux, et si doux, et si s\u00e9v\u00e8re, et si impersonnel qu&rsquo;on doit s&rsquo;en trouver tout lib\u00e9r\u00e9. Et je ne n\u00e9glige rien pour assurer le bonheur de la personne, et je la prends tout le temps avec moi dans ma poche, et je m&rsquo;occupe d&rsquo;elle, et je veille \u00e0 ne point la fatiguer, ni l\u2019importuner, et je t\u00e2che d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9sence et libert\u00e9, et amiti\u00e9 et fougue, et patience et conseil, et autorit\u00e9 et toute bont\u00e9, et joie et fermet\u00e9 et nous irons ensemble le long des quais au printemps et sous les futaies de Fontainebleau et dans ce Louvre ch\u00e9ri o\u00f9 sont les toiles qui vivent, et dans les biblioth\u00e8ques ou ressuscitent les estampes et dans ces quartiers de toutes les villes du monde o\u00f9 l&rsquo;on respire la vie comme l&rsquo;inconnu, comme l&rsquo;audace, et dans cette Italie, et dans cette Espagne, et dans ce Maroc et dans cette Am\u00e9rique o\u00f9 il y a tout \u00e0 voir, \u00e0 boire, \u00e0 recr\u00e9er, \u00e0 vivifier, \u00e0 chanter, et dans toutes les vieilles cit\u00e9s, et dans toutes les neuves avenues, et dans tout le laid, et dans tout le beau, pour crier la joie, ou pour nous taire, ou pour regarder en nous, ou pour regarder au-del\u00e0 de nous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;abord les choses s\u00e9rieuses. Je reprends tes lettres (non point que ce que je viens de vivre ne soit pas s\u00e9rieux. beaucoup plus que tout. Le seul s\u00e9rieux. On ne vit que par ce que l&rsquo;on aime. Je suis devant toi comme devant la fleur qui pousse. Elle ouvre ses feuilles. Elle dresse sa tige. Elle se m\u00fbrit. Elle boit tout le vent et tout le soleil, et tout mon souffle et tout mon espoir. Elle br\u00fble d&rsquo;\u00eatre belle. Elle br\u00fble d&rsquo;\u00eatre parfum\u00e9e. Elle br\u00fble de s\u00e9duire).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;abord les choses s\u00e9rieuses.<\/p>\n<ol>\n<li style=\"text-align: justify;\">Merci pour la photo. Tr\u00e8s bien. Utile. Parfait.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Merci pour les dossiers. Je suis en train d&rsquo;y travailler tr\u00e8s dur. <em>Hypodamie<\/em> me semblent aller assez bien, quelques corrections. Pour <em>Gabriela<\/em> j\u2019ai un tr\u00e8s gros travail de coupures qui va me prendre plusieurs jours. Pas encore un <em>Lancelot<\/em>.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Refais imm\u00e9diatement les corrections des \u00ab <em>Barreaux<\/em>\u00a0\u00bb et renvoie moins les feuilles roses pour que je puisse r\u00e9parer mon dossier.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ne t&rsquo;occupe plus de France Europe. Je sais assez de choses.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Le bouquin de Besson Massenet est \u00e9patant <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Je t&#8217;embrasse dix fois, mille fois.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9ponse \u00e0 ta lettre du 10 janvier je t&rsquo;annonce :\n<ol>\n<li style=\"text-align: justify;\">que deux tulipes pour le moins progressent favorablement et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de pr\u00e9jug\u00e9 d\u00e9favorable pour les autres qui sont plus lents peut-\u00eatre parce qu&rsquo;elle se r\u00e9servent mieux<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">que ta brosse \u00e0 r\u00e9curer est merveilleuse et pratique<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">que mes appartements donnent \u00e0 l&rsquo;ouest, ils sont secs et clair (ce qui est rare) que je vois toute la campagne fresnoise du haut de mon quatri\u00e8me \u00e9tage et que les deux compagnons de cellule sont de charmants camarades avec qui nous bavardons litt\u00e9rature, politique, et \u00ab femmes \u00bb. Que tes photos accroch\u00e9es au mur font l&rsquo;admiration de tous ceux \u00e0 qui je r\u00e9v\u00e8le mon profond sentiment et qu&rsquo;on s&rsquo;accorde \u00e0 te trouver charmante et Fr\u00e9d\u00e9ric merveilleux.<\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Tu me raconteras ton enthousiasme contenu dans celle du 8 janvier. Et j&rsquo;ai pris toutes dispositions pour que le parloir de jeudi te soit absolument r\u00e9serv\u00e9. Et surtout fait une chose : viens de bonne heure (les visites commencent \u00e0 1h30). Nous aurons beaucoup \u00e0 nous dire.<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">Ne te tourmente point pour la personne qui t\u2019agace si fort dans ta lettre du 16 janvier. Il y a longtemps que je me fais plus attention aux criailleries, aux d\u00e9marches, aux supplications et aux ruses. <u>Tu n&rsquo;as rien \u00e0 craindre<\/u>. D&rsquo;autre part j&rsquo;ai rassur\u00e9 ma m\u00e8re et ferm\u00e9 le bec \u00e0 mon fils. Ne t&rsquo;occupe pas du tout de ce probl\u00e8me qui m&rsquo;incombe \u00e0 moi seul. Et surtout n&rsquo;en prend pas ombrage. On ne t&rsquo;enl\u00e8ve rien. Tu as toute ta place, et toute la place. Vu ? Compris ? Embrasse-moi.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parlons de choses beaucoup plus s\u00e9rieuses. J&rsquo;ai re\u00e7u hier dimanche une premi\u00e8re visite annonc\u00e9e. Veux-tu bondir chez ma m\u00e8re et lui demander trois exemplaires du \u00ab <em>Ciel d&rsquo;aujourd&rsquo;hui<\/em> \u00bb, puis les apporter \u00e0 Floriot pour chacun des int\u00e9ress\u00e9s en veillant \u00e0 ce qu&rsquo;ils leur soient remis avec les explications d\u2019usage. J&rsquo;\u00e9cris du reste \u00e0 Floriot ce soir pour lui pr\u00e9ciser ce point. La visite m\u2019a sembl\u00e9 bonne, mais je ne sais quoi dire moi, \u00e0 ces curieux, qui me paraissent des braves types. J&rsquo;ai vu D\u00e9mery il y a deux jours. Elle n&rsquo;avait plus ses airs bourrus et maussades qui, il y a deux ans, me faisait supposer chez elle une animosit\u00e9 juda\u00efque d\u00e9cha\u00een\u00e9e. Il est vrai que la pauvre est \u00e0 peine gu\u00e9rie de son \u00e9toile jaune. Quelle aventure ! Donc, en principe, tout a l&rsquo;air d&rsquo;aller bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je re\u00e7ois \u00e0 l\u2019instant ta lettre du 17. R\u00e9confortante. C&rsquo;est bien gentil de me promettre que \u00ab <em>dans un temps pas trop lointain<\/em> \u00bb&#8230; Moi je crois tout ce qu&rsquo;on veut. Je sais qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui m\u00eame, \u00e0 cet instant, l\u00e0 o\u00f9 je suis, j&rsquo;ai toute la libert\u00e9 du monde, celle de t\u2019\u00e9crire, celle de t&rsquo;aimer, celle de regarder le ciel, c&rsquo;est celle de respirer des \u0153illets noirs (ils sont superbes) d&rsquo;un rouge ardent, pourris de s\u00e8ve, lourds de promesses lentes, patients comme l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Je sais que , \u00e0 cette minute, rien ne manque \u00e0 un esprit combl\u00e9 de gr\u00e2ce pour qu&rsquo;il comprenne la beaut\u00e9, la puissance, la grandeur de la vie.\u00a0La libert\u00e9\u00a0? Elle est ici dans cette cellule comme une d\u00e9esse active. Elle enl\u00e8ve les cha\u00eenes comme les douleurs. Elle efface du c\u0153ur toutes vengeances et col\u00e8res, elle sublime mise toutes nos bonnes volont\u00e9s. Donc, que nous manque-t-il puisque j&rsquo;ai ici sur ma table jusqu&rsquo;\u00e0 la pr\u00e9sence de ton amour ? Mon moineau ! Si j&#8217;embrasse le creux de ma main, c&rsquo;est ton oreille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le coussin, je t&rsquo;en dirai des nouvelles jeudi. Ce soir je saurai s&rsquo;il est bourr\u00e9 de r\u00eaves d&rsquo;enfant et par lui je saurai toute la tendresse et toutes les pens\u00e9es bleues de Fr\u00e9d\u00e9ric. Je suis de plus en plus envelopp\u00e9 de tendresse d&rsquo;enfant. Menottes par-ci, mains pures par l\u00e0. Tu seras ma maman un jour, toi aussi. Merci pour les bougies (Utile ! Utile !). Le p\u00e2t\u00e9 de porc est superbe et tu me fais un plaisir infini avec le chocolat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le discours de Maurice Gar\u00e7on est des plus importants. Il peut servir de th\u00e8me \u00e0 une grande campagne de r\u00e9habilitation de la justice en France. Il faut souhaiter qu&rsquo;il atteigne son but, qui est sans doute de faire penser les milieux dirigeants et les inciter \u00e0 revenir \u00e0 la loi la plus haute. Devant une juridiction juste nous ne craignons rien. Encore moins de l\u2019injustice, car le d\u00e9shonneur est dans le crime avou\u00e9, reconnu, mais non dans la sentence partisane qui pr\u00e9tend frapper l&rsquo;adversaire politique par le seul souci de faire triompher une cause souvent ind\u00e9fendable. Gar\u00e7on a fort bien fait de prendre position et s&rsquo;il se peut que son discours est un retentissement convenable, il contribuera \u00e0 d\u00e9tendre la situation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais&#8230; Mais&#8230; L&rsquo;histoire nous apprend qu&rsquo;il ne faut point aller trop vite dans nos esp\u00e9rances. Les maladies des peuples sont lentes \u00e0 gu\u00e9rir. Et on a pris ici l&rsquo;habitude de pers\u00e9cuter. C&rsquo;est une vieille querelle qui dure depuis des si\u00e8cles. Autrefois les Armagnacs et les Bourguignons, les partisans de Charles VII et ceux d&rsquo;Angleterre, puis les guerres de religion dont le prolongement fut la r\u00e9volution. Aujourd&rsquo;hui les masses la\u00efques contre le conservatisme aveugle. Et toutes les forces d&rsquo;un d\u00e9sordre aux efflorescences parfois cordiales, contre celle d&rsquo;un \u00ab ordre \u00bb souvent trop rigide enserrent les militants de partis pris inexorables. Il faut se lib\u00e9rer m\u00eame de son parti, de ses erreurs d&rsquo;assaillants, de ses indignations. De quoi ne devons-nous pas faire amende honorable pour que nos adversaires puissent nous rencontrer sur le terrain de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le bruit court ici que ce serait Queuille le nouveau ministre de la justice. On le consid\u00e8re comme un honn\u00eate homme. Peut-\u00eatre reviendra-t-il \u00e0 une l\u00e9gislation normale. Sinon grand bien pour lui et pour sa conscience. Si chaque homme doit supporter le mal qu&rsquo;il a fait, nous n&rsquo;avons pas fini d&rsquo;\u00e9couter les pleurnicheries. Pour moi, qui ne me plains de rien, je trouve cette \u00e9poque haute en le\u00e7ons de caract\u00e8re et de m\u00e9pris. On aura vu beaucoup plus de l\u00e2chet\u00e9s que de grandeurs, beaucoup plus de fourberies que d&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme. Et ce n&rsquo;est pas nous qui avons d\u00e9shonor\u00e9 nos adversaires mais bien les proc\u00e9d\u00e9s qu&rsquo;ils emploient. Il y a toujours ici la m\u00eame fraternit\u00e9 d&rsquo;armes, le m\u00eame solide esprit contre la haine et la d\u00e9loyaut\u00e9, la m\u00eame puret\u00e9 contre le mensonge, le m\u00eame rire en face de l\u2019injure et des menaces. As-tu eu vent du mot que j&rsquo;\u00e9crivis pour souhaiter bonne ann\u00e9e \u00e0 tes amis ? Qu&rsquo;en pense-t-on ? Tu me le diras jeudi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le dossier nouveau que tu aies d\u00fb recevoir (<em>le jour et la nuit<\/em>) vois ce que tu peux faire. Ce n&rsquo;est pas un caprice de ma part mais si tu as du temps \u00e0 prendre sur ce qui te reste pour vivre un peu tranquille, fais-moi le plaisir de me surprendre avec une bonne copie d&rsquo;ici quelque temps. Car je voudrais le corriger pour le pr\u00e9senter au pr\u00e9sident de la cour et il m&rsquo;importe que je puisse r\u00e9fl\u00e9chir. Je sais que tu as beaucoup de travail. Je sais aussi que je ne te demande rien d&rsquo;impossible. Il se peut que ce soit assez press\u00e9, car je te dirai jeudi ce que je compte en faire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un de mes camarades qui va bient\u00f4t sortir me demande l&rsquo;adresse d&rsquo;une bonne dactylo pour lui taper manuscrits de th\u00e9\u00e2tre, de romans, etc&#8230; Peux-tu lui donner<\/p>\n<ol>\n<li style=\"text-align: justify;\">des prix d&rsquo;agences habituelles : Copy Bourse, Conf\u00e8re etc&#8230;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">le prix qu&rsquo;une personne ind\u00e9pendante pourrait lui faire si ce travail lui convient. Tu me le diras \u00e9galement jeudi. Il te t\u00e9l\u00e9phonera d\u00e8s sa sortie.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pense aussi \u00e0 me demander de te parler de l&rsquo;histoire du mar\u00e9chal Lyautey.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour ce que tu me demandes sur l&rsquo;explication du mot : sied (\u00ab\u00a0l<em>e deuil sied \u00e0 \u00c9lectre<\/em>\u00a0\u00bb). C&rsquo;est l&rsquo;indicatif pr\u00e9sent du verbe seoir (aller bien, convenir). Il sied, dont le participe pr\u00e9sent est seyant. On dit : il est seyant de\u2026 Mais on emploie beaucoup plus souvent la forme adjective. Il sied, ils si\u00e9ent, il seyait\u00a0; ils seyaient, il si\u00e9ra, ils si\u00e9ront, il si\u00e9rait, ils si\u00e9raient et sous la forme impersonnelle \u00ab\u00a0il sied de\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puisque nous en sommes \u00e0 l&rsquo;orthographe ou la grammaire, veux-tu noter que \u00ab\u00a0<u>quelque temps<\/u>\u00a0\u00bb ne prend pas d \u00ab\u00a0s\u00a0\u00bb \u00e0 \u00ab\u00a0quelque\u00a0\u00bb. Faute d&rsquo;inattention dans <em>Hypodamie<\/em>. De m\u00eame ne confonds pas <u>exaucer<\/u> (accomplir un v\u0153u) avec exhausser (hausser au-dessus de). Et ainsi pour quelque temps mes v\u0153ux seront exauc\u00e9s. Plus je m&rsquo;exhausse au-dessus des contingences, plus je risque d&rsquo;\u00eatre exauc\u00e9. Il me suffira de regarder le bonheur de Jeannette.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9cris-moi longuement, plus longuement, beaucoup plus serr\u00e9, avec beaucoup plus de choses entre les lignes. Je suis tr\u00e8s exigeant. Je veux qu&rsquo;on me dise tout, sans pudeur, mais avec d\u00e9licatesse, sans retenue, mais avec ma\u00eetrise, sans h\u00e9sitation, mais avec continuit\u00e9. Dis-moi si tu vas au cin\u00e9ma, au th\u00e9\u00e2tre, au concert, au guignol, \u00e0 la foire du Tr\u00f4ne, \u00e0 la synagogue, o\u00f9 au temple de la libert\u00e9, cette fameuse bonne fille qu\u2019on vous promet toujours comme une carotte sous le nez de l\u2019\u00e2ne. Mais lorsque l\u2019\u00e2ne a compris, il n\u2019avance plus. On t\u2019embrasse beaucoup mieux qu\u2019hier, car on a vu plus loi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Probablement <em>La France apr\u00e8s la Terreur : 1795-1799<\/em> de Pierre Bessand-Massenet paru en 1946 (note de FGR)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Lundi 20 janvier 1947 Ma ch\u00e9rie, ma seule ch\u00e9rie, Mon moineau ch\u00e9ri. 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