{"id":2339,"date":"2021-04-24T11:44:43","date_gmt":"2021-04-24T09:44:43","guid":{"rendered":"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2339"},"modified":"2021-04-24T13:56:43","modified_gmt":"2021-04-24T11:56:43","slug":"jm-a-jr-fresnes-47-05-18","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2339","title":{"rendered":"JM \u00e0 JR (Fresnes 47\/05\/18)"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong><a href=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2335\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-1352 alignleft\" src=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Lettre-precedente.jpg\" alt=\"\" width=\"143\" height=\"78\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2344\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-1353\" src=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Lettre-suivante.jpg\" alt=\"\" width=\"139\" height=\"76\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Dimanche 18 mai 1947<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Ma ch\u00e9rie,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis ta visite de mercredi, j\u2019ai re\u00e7u le petit mot fleuri que tu m\u2019envoyas mardi et j\u2019ai serr\u00e9 les brins d\u2019acacia dans mon dictionnaire. Et puis j\u2019attends ta prochaine lettre qui sera l\u00e0 sans doute demain. Si tu veux m\u2019envoyer tous les jours des tendresses par pneumatique, n\u2019y manque pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et j\u2019ai rem\u00e2ch\u00e9 les souvenirs du parloir\u00a0: le moment o\u00f9 je t\u2019ai dit, celui o\u00f9 tu m\u2019as r\u00e9pondu, alors j\u2019ai ajout\u00e9, donc tu as ri (d\u00e9licieusement et avec un air de gentillesse qui tout \u00e0 coup a supprim\u00e9 le grillage et la distance. Alors je t\u2019ai serr\u00e9 dans mes bras mais le grillage \u00e9tait encore l\u00e0, alors nous avons parl\u00e9 d\u2019autre chose), puis \u00e0 la fin je t\u2019ai demand\u00e9\u2026 Tu as fini par r\u00e9pondre \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb sans conditions. Voil\u00e0 de quoi se r\u00e9jouir pendant tout le moment qui nous s\u00e9pare de la sortie\u00a0; de quoi vivre toute l\u2019attente, sans heurts, sans inqui\u00e9tude. Je dors mieux sur mon oreiller de plumes depuis ce oui, quoique j\u2019en \u00e9tait s\u00fbr mais tu l\u2019as dit, et tu ne reviens jamais sur tes promesses. Et je me suis interrog\u00e9 \u00e0 mon tour pour me demander \u00e0 moi-m\u00eame et j\u2019ai r\u00e9pondu\u00a0: \u00ab\u00a0oui sans conditions\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous voil\u00e0 d\u2019accord, d\u2019un accord aussi musical, aussi impond\u00e9rable, aussi immat\u00e9riel que possible. La vie, qui est le grand moteur de tout et qui conna\u00eet ses lois, qui sait ceux qu\u2019elle accouple et ceux qu\u2019elle s\u00e9pare, nous a destin\u00e9s \u00e0 vivre une exp\u00e9rience commune. Nous allons la tenter avec une audace et une patience extr\u00eame, et nous r\u00e9jouir de marcher ensemble et de vaincre ensemble, et de chercher et travailler ensemble. Tu es si bonne et douce et intelligente, petite fille, qu\u2019on ne saurait que t\u2019aimer et t\u2019ouvrir les portes devant tes pas. Il faut croire que je te suis d\u00e9vou\u00e9. Il faut savoir que je te veux tout le bien possible. Il faut comprendre que j\u2019ai b\u00e2ti sur toi non un id\u00e9al humain, pauvre chose de poussi\u00e8re, mais un projet qui s\u2019appuie sur tes qualit\u00e9s latentes, tes possibilit\u00e9s, exprim\u00e9es ou non\u00a0; l\u2019\u00e9cho de perfection que je sens sourdre dans ta petite t\u00eate o\u00f9 passent les id\u00e9es pures, la capacit\u00e9 de ton c\u0153ur amoureux du bien, et du beau, et du bon, et du merveilleux, et du simple, et de l\u2019enfantin, ton d\u00e9vouement pour les enfants (dont je suis), la timide malice avec laquelle tu essayes de manipuler le mastodonte que je suis encore (mais les \u00e9l\u00e9phants sont tr\u00e8s intelligents et dociles), et surtout la patience avec laquelle tu \u00e9coutes toutes mes histoires qui te r\u00e9v\u00e8lent peut-\u00eatre \u00e0 toi-m\u00eame, et qui me r\u00e9v\u00e8lent bavard et amoureux, et d\u00e9sireux de tant aimer que tu n\u2019en pourras plus d\u2019\u00e9treindre cette affection \u00e0 deux mains. Il faudra les bras d\u2019une foule de petits enfants pour l\u2019encercler. Et encore. J\u2019ai de quoi b\u00e9nir une prodigieuse famille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce dimanche \u00a0apr\u00e8s-midi fut calme, comme tous. Un culte protestant qui permet de se d\u00e9rouiller un peu les jambes et de s\u2019isoler dans une cabine de pri\u00e8res (je saurai ce que c\u2019est que la cohabitation pour n\u2019avoir pas v\u00e9cu seul un instant pendant trois ans). On arrive \u00e0 se blinder contre tout. Mais l\u00e0 est le plus difficile. Ce n\u2019est qu\u2019en s\u2019endormant qu\u2019on peut penser \u00eatre soi-m\u00eame, \u00e0 moins, comme je le fais, d\u2019\u00e9crire tout le long du jour. Et encore\u00a0! Les condamn\u00e9s \u00e0 mort (un par cellule) ont bien de la chance. \u00c0 propos, quand passons-nous\u00a0? Rien de nouveau\u00a0? Qu\u2019on se d\u00e9p\u00eache\u00a0! Bient\u00f4t il sera trop tard. La roue tourne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019aime autant pour ma part ne pas recevoir de pneumatique de toi. Ainsi nous vivons tranquille sachant que l\u2019\u00e9t\u00e9 qui vient sera chaud et le bl\u00e9 rare. On dit que les rations vont \u00eatre encore r\u00e9duites. On dit tant de choses. Ne nous r\u00e9jouissons pas du malheur g\u00e9n\u00e9ral et sachons que tout est parfait dans le meilleur des mondes. Nous avons bien tous les deux trouv\u00e9 le meilleur amour, la meilleure patience, le meilleur r\u00e9confort mutuel. Est-ce que nous ne trouverons pas aussi la solution amicale\u00a0? Un monde de bonne volont\u00e9 o\u00f9 vivre avec des tombereaux de travail et d\u2019honn\u00eatet\u00e9 \u00e0 donner\u00a0? Ici les gens ont pris conscience de leur identit\u00e9 collective. Ils sont devenus camarades, aimables, d\u00e9vou\u00e9s, pr\u00eats \u00e0 toutes les aides communes. Une grande solidarit\u00e9 unit les hommes qui lutent ensemble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et quand tu lutteras avec moi, et tu luttes d\u00e9j\u00e0 farouchement avec moi, est-ce que tu nous sentiras unis et prot\u00e9g\u00e9s tous deux ? Tous trois ? Tous quatre\u2026 ? Est-ce que tu ne crois pas que cela vaudra la peine de vivre avec un but \u00e9lev\u00e9 et des forces renouvel\u00e9es quotidiennement ? Est-ce que nous n\u2019allons pas entreprendre de grandes choses dont la meilleure est de trouver en nous la confiance et la pers\u00e9v\u00e9rance et le bonheur ? J\u2019ai regard\u00e9 tes yeux. Ils brillaient. Tu \u00e9tais donc si joyeuse que je te pose des questions d\u2019avenir ? Si je peux ajouter \u00e0 tout ton bonheur, je vais m\u2019y employer. Pour moi, je ne le croyais pas tant que je me m\u00e9fiais des femmes en g\u00e9n\u00e9ral, mais tu as du ramasser une petite clef perdue qui ouvre une serrure bien cadenass\u00e9e. Je te raconterai un jour tout ce que je pense l\u00e0-dessus. Car tu ne sais rien. Rien du tout. Rien encore. Je ne t\u2019ai encore rien dit. Tu ne peux que supposer. Mais ne te tourmente pas. Tout est bien. Ne suppose pas. Aie la certitude. C\u2019est tr\u00e8s s\u00e9rieux. Tout \u00e0 fait solide. Incassable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors tu veux m\u2019aider \u00e0 ramasser les morceaux et \u00e0 construire\u00a0? Et si quelquefois il n\u2019y avait pas de morceaux \u00e0 ramasser\u00a0? On s\u2019en tirerait encore \u00e0 meilleur compte. Nous arrivons dans les mois cruciaux. Encore un peu de temps et nous verrons l\u2019automne o\u00f9 il se passe toujours de grandes choses, apr\u00e8s les moissons, les vendanges. Savoir o\u00f9 nous en serons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je t\u2019embrasse pour ce soir avec tous mes bras. Il me semble que tu es si pr\u00e8s que je puis te parler \u00e0 l\u2019oreille. Si tu veux bien je ne te raconterai pas la fin de l\u2019histoire de Tristan et Yseult qui finit mal, car le h\u00e9ro meurt malade et la reine se tue sur son corps, mais une autre qui finit bien o\u00f9 le grand premier r\u00f4le a retrouv\u00e9 toute sa sant\u00e9, et sa force, et son bonheur, et sa fianc\u00e9 ou son amie. Ils v\u00e9curent tr\u00e8s longtemps, dans leur ch\u00e2teau, entour\u00e9 de la consid\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale, b\u00e9nis des pauvres et des po\u00e8tes, et eurent beaucoup d\u2019enfants\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Allons faire un tour au clair de lune, et puis nous irons dormir. Je resterai si pr\u00e8s de toi toute la soir\u00e9e que nous n\u2019entendrons plus les heures. Jusqu\u2019\u00e0 demain matin.<\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\"><u>Lundi midi<\/u>.<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fin de d\u00e9jeuner. Les rillettes de la maison emboucanaient tant que je les ai fait cuire pendant 20 minutes et les asticots couraient sur le fromage. Heureusement le colis est merveilleux et je vais pouvoir passer une nuit qui\u00e8te. Tes trois \u0153illets sont mille baisers devant moi et les p\u00e2querettes de mon Fr\u00e9d\u00e9ric s\u2019ouvrent \u00e0 nouveau pour me donner leur joie et sa joie. Mon Fr\u00e9d\u00e9ric est sur mes genoux. Mon Fr\u00e9d\u00e9ric \u00e9coute mes histoires. Mon Fr\u00e9d\u00e9ric se prom\u00e8ne avec moi toute la journ\u00e9e. Mon Fr\u00e9d\u00e9ric est mon ami. Mon Fr\u00e9d\u00e9ric est ma merveille. Mon Fr\u00e9d\u00e9ric met la t\u00eate sur mon \u00e9paule et dort. C\u2019est moi qui berce mon Fr\u00e9d\u00e9ric. Je t\u2019embrasse aussi mais ne r\u00e9veille pas mon Fr\u00e9d\u00e9ric. Et d\u00e9p\u00eache-toi de me donner Catherine. J\u2019ai deux genoux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Es-tu jalouse\u00a0? Mon Fr\u00e9d\u00e9ric c\u2019est encore toi. Tout est toi. L\u2019air qu\u2019on respire, le Paris qu\u2019on voit au loin, le pain Hovis qu\u2019on entame, les ficelles qu\u2019on coupe, le papier sur quoi on \u00e9crit, le pr\u00e9sent qui patiente. Tu m\u2019entoures \u00e0 l\u2019infini. Est-ce que tu ne crois pas que les murs vont s\u2019\u00e9crouler pour qu\u2019on se rencontre. Il faut absolument que nous apprenions \u00e0 passer \u00e0 travers les murs. Ce n\u2019est pas difficile. Je ne veux pas quitter ton image la meilleure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et cette image est cette bouff\u00e9e d\u2019air chaud et de parfum lourd qui entre par la fen\u00eatre, le sourire qui monte \u00e0 mes l\u00e8vres ravies en pensant \u00e0 tout le bonheur qui court le monde, la joie gonfl\u00e9e qui soul\u00e8ve le c\u0153ur plein de certitude, fier de vaincre et de triompher de tout le mal stupide. Ton image est si nette et si pure qu\u2019elle remplit le ciel. Je te vois avec des ailes et des fleurs plein les bras, et de grands \u00e9lans, et de grands silences, et d\u2019immenses b\u00e9atitudes. Jamais femme n\u2019a \u00e9t\u00e9 plus vivante, plus heureuse, plus b\u00e9nie, plus pleine de gr\u00e2ces et de charme et de simplicit\u00e9. Tu es une fille de l\u2019infini et j\u2019\u00e9coute battre ton c\u0153ur comme la vie. On boit \u00e0 ta source un rire si frais qu\u2019il en r\u00e9sonne encore dans ma t\u00eate pendant des heures, et des jours, et des mois. Sais-tu combien je me rappelle, quand tu frappais \u00e0 ma porte, la fa\u00e7on dont tu disais \u00ab\u00a0bonjour\u00a0\u00bb et comme tu \u00e9tais douce et fine. Au fond, c\u2019est toi qui as tenu contre mon scepticisme. Je crois t\u2019avoir fait le plus grand bonheur de ta vie le jour o\u00f9 je t\u2019ai permis de garder le fruit de nos tendresses. C\u2019\u00e9tait une grande porte ouverte sur un avenir qu\u2019il faut construire pierre par pierre. On aura mis du temps \u00e0 creuser des fondations, mais elles ne bougeront pas, car j\u2019ai construit sur ta t\u00e9nacit\u00e9 absolue et sur tout ce que tu ne sais pas encore de toi-m\u00eame, mais qui est infiniment parfait. Ce ne sont pas de vains compliments que je te fais. Tu n\u2019as jamais compris \u00e0 quel point tu \u00e9tais bonne. Il faut qu\u2019on te le montre. Je t\u2019aime tant et tant. Et encore plus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas de lettre de toi \u00e0 midi. J\u2019en aurai ce soir. Ou demain. Mais tu es venue ce matin avec tous tes dons et je grignote des drag\u00e9es dont chacune est un po\u00e8me en ton honneur. Tu verras comme tout ira bien pour nous, et comme toutes les choses vont s\u2019arranger. Les nuages s\u2019enfuient. Apr\u00e8s l\u2019orage, on retrouve un soleil tout neuf. Il n\u2019y aura jamais d\u2019\u00e9preuve. Il faut croire, voir clair, savoir que toutes ces choses p\u00e9nibles ne sont que des ombres, qui ne peuvent que dispara\u00eetre. Nous n\u2019avons pas peur des ombres. Est-ce que tu crois que je t\u2019aime pour toujours\u00a0? Pas seulement pour toute la vie. Car ce n\u2019est rien. C\u2019est beaucoup trop court. Mais pour toujours. \u00c9ternellement. Je t\u2019ai toujours aim\u00e9e. Mais tu ne le savais pas. Et moi non plus. Nous l\u2019avons d\u00e9couvert. Et ce que nous avons trouv\u00e9 n\u2019est rien \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce qui est.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur ce, je vais retourner \u00e0 mon travail. J\u2019en ai plein ma table. De quoi passer des heures accroch\u00e9 \u00e0 des textes. C\u2019est formidable ce que l\u2019on a \u00e0 faire ici. Pour des ann\u00e9es, s\u2019il le fallait. Tant \u00e0 dire. Tant \u00e0 \u00e9crire. Tant \u00e0 penser. Les jours sont trop courts. Il faut se discipliner pour que peu \u00e0 peu on puisse organiser sa vie. Nous n\u2019avons pas le temps de nous ennuyer nous autres. Je ne sais pas si j\u2019aurai le temps de faire une partie d\u2019\u00e9checs d\u2019ici trois jours\u00a0! Et mes deux camarades rousp\u00e8tent, parce qu\u2019ils jouent toujours ensemble. Voil\u00e0 o\u00f9 nous en sommes d\u2019avoir dans la t\u00eate tant de choses \u00e0 dire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019arr\u00eate ma lettre, car je t\u2019\u00e9crirais encore quatre pages aussi serr\u00e9es, pour te raconter tout ce que nous ferons tout le long de la vie. Succinctement bien s\u00fbr, car il faudrait plusieurs volumes. J\u2019ai lu <em>La Mousson<\/em>, de Louis Bromfield. C\u2019est merveilleux. Personnages admirablement camp\u00e9s. Descriptions grandioses. Relu aussi <em>\u00e0<\/em><em> l\u2019<\/em><em>\u00e9<\/em><em>chelle humaine <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong>[1]<\/strong><\/a><\/em> de Blum (vaseux et faux), <em>Les Cons\u00e9quences politiques de la paix <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a><\/em> de Bainville (proph\u00e9tique), l\u2019admirable <em>Eug\u00e9nie Grandet<\/em> du fou Balzac. Un trait\u00e9 sur la Chine avec des tas de consid\u00e9rations curieuses sur la philosophie de Lao Tseu et sur le th\u00e9\u00e2tre chinois (pris beaucoup de notes) et encore mille autres choses. Nous sommes au courant de tout, du pass\u00e9, du pr\u00e9sent, de l\u2019avenir et de ce qui se passe dans ton c\u0153ur. C\u2019est pourquoi on t\u2019embrasse \u00e0 pleine bouche de po\u00e8te, et on te ch\u00e9rit comme un amour sir rare qu\u2019il est de toute puret\u00e9. Dis au Fr\u00e9d\u00e9ric qu\u2019il est le plus beau du monde et qu\u2019il a en lui tout le ciel. Baisers mille fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> <em>\u00c0 l&rsquo;<\/em><em>\u00e9chelle humaine<\/em> est un livre de L\u00e9on Blum, \u00e9crit en captivit\u00e9 durant la Seconde Guerre mondiale. Termin\u00e9 en 1944, il fut publi\u00e9 en 1945 au lendemain de la guerre. Ce dernier ouvrage de L\u00e9on Blum eut la chance de pouvoir \u00eatre sorti en cachette de prison, sans quoi il n&rsquo;aurait sans doute jamais \u00e9t\u00e9 publi\u00e9. Dans son livre, L\u00e9on Blum analyse ses ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 la t\u00eate du parti socialiste et d\u00e9veloppe une r\u00e9flexion critique sur les \u00e9v\u00e9nements qui les ont \u00e9maill\u00e9es. Il insiste sur l&rsquo;importance de la d\u00e9mocratie et avoue certaines de ses erreurs politiques. (note de FGR)<br \/>\n<a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> <em>Les Cons\u00e9quences politiques de la paix<\/em> est un ouvrage \u00e9crit en 1920 par Jacques Bainville, dans lequel est d\u00e9nonc\u00e9 le Trait\u00e9 de Versailles de 1919. Il y estimait que ce trait\u00e9 laissait l&rsquo;Allemagne beaucoup trop puissante tout en lui laissant beaucoup trop de motifs de ne pas le respecter. Bainville y d\u00e9crit le processus de d\u00e9clenchement de la Seconde Guerre mondiale, \u00e0 savoir l&rsquo;annexion de l&rsquo;Autriche par le Reich, la crise des Sud\u00e8tes avec la Tch\u00e9coslovaquie et un pacte germano-russe contre la Pologne. Profond\u00e9ment anti-communiste et anti-germaniste, il eut une vision de l&rsquo;avenir du XX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle qui a \u00e9t\u00e9 dans une large mesure v\u00e9rifi\u00e9e avec l&rsquo;horreur de la Seconde Guerre mondiale. (note de FGR)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Dimanche 18 mai 1947 Ma ch\u00e9rie, Depuis ta visite de mercredi, j\u2019ai re\u00e7u le petit mot fleuri que tu m\u2019envoyas mardi et j\u2019ai serr\u00e9 les brins d\u2019acacia dans mon dictionnaire. 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