{"id":2365,"date":"2021-04-24T15:59:37","date_gmt":"2021-04-24T13:59:37","guid":{"rendered":"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2365"},"modified":"2024-01-22T11:07:26","modified_gmt":"2024-01-22T10:07:26","slug":"jm-a-jr-fresnes-47-06-22","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2365","title":{"rendered":"JM \u00e0 JR (Fresnes 47\/06\/22)"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong><a href=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2359\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-1352 alignleft\" src=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Lettre-precedente.jpg\" alt=\"\" width=\"143\" height=\"78\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2370\"><img loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-1353\" src=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Lettre-suivante.jpg\" alt=\"\" width=\"139\" height=\"76\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Dimanche 22 juin 1947<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Ma ch\u00e9rie,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici d\u00e9j\u00e0 six jours que j\u2019ai chang\u00e9 de cellule et vis seul \u00e0 partir de 19 heures jusqu\u2019\u00e0 7 heures le lendemain. Depuis trois ans je n\u2019avais pas connu un seul moment de r\u00e9pit. Toujours \u00e0 deux, trois, cinq, dix ou vingt ensemble, sans aucune possibilit\u00e9 de s\u2019isoler, m\u00eame pour les plus menues choses. Et voici que le repos vient avec le progr\u00e8s. Il m\u2019est permis de t\u2019\u00e9crire sans que j\u2019aie besoin de r\u00e9pondre dix fois \u00e0 des sollicitations ou des plaisanteries ou autres interruptions. Il m\u2019est permis d\u2019\u00e9crire sans qu\u2019\u00e0 chaque minute le voisin m\u2019adresse obligeamment et sans m\u00e9chancet\u00e9 la parole pour un quelconque conseil.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien re\u00e7u ton pneu. Veille donc au mieux pour la suite. Il faut aboutir. C\u2019est possible. Ne manque pas de me pr\u00e9venir aussit\u00f4t. Au besoin pour le recevoir plus vite dit \u00e0 Floriot de me pr\u00e9venir lui-m\u00eame, car les pneus de famille sont moins rapide que ceux d\u2019avocat. Mais je crois que tu ferais mieux de lui t\u00e9l\u00e9phoner avant pour qu\u2019il agisse. Nous n\u2019allons pas \u00e9chouer en arrivant au port. Il faut donc aviser et man\u0153uvrer tr\u00e8s dur. De mon c\u00f4t\u00e9 je travaille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tu m\u2019as surpris l\u2019autre jour\u00a0: si \u00e9nerv\u00e9e\u00a0! Toi qui habituellement est si calme, et douce, et patiente. Pourquoi cet \u00e9moi\u00a0? Et ce petit air frondeur qui s\u2019\u00e9levait si effront\u00e9ment contre notre tranquillit\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<em>tu me fais rire<\/em>\u00a0\u00bb m\u2019as-tu dit deux fois. Heureusement qu\u2019on t\u2019aime et qu\u2019on t\u2019aime tant que m\u00eame les petits sursauts f\u00e9minins ne d\u00e9tourneront pas notre flot de tendresse. Sais-tu bien que je te gu\u00e9rirai de tout cet humain qui se confiait \u00e0 des \u00e9motions enfantines. Avec moi, il faudra \u00eatre heureuse, et jamais r\u00e9volt\u00e9e. Jamais tourment\u00e9e. Et jamais m\u00e9fiante. Ni jalouse. Ni contrari\u00e9e. Parce qu\u2019on aura \u00e9bouriff\u00e9 ta volont\u00e9. La vie nous oblige \u00e0 devenir sage, apaiser nos soucis, admettre d\u2019autres r\u00e9alit\u00e9s que les circonstances malheureuses, vaincre nos timidit\u00e9s, nos angoisses, surmonter tout ce qui s\u2019oppose \u00e0 l\u2019harmonie. Sais-tu bien que toutes les horreurs dans lequel le monde se d\u00e9bat n\u2019existent pas, que tu te r\u00e9veilleras un jour de ce r\u00eave, toute heureuse, toute r\u00e9confort\u00e9e, que tu auras gagn\u00e9 la paix par une \u00e9tude attentive de ce qu\u2019il faut savoir pour conna\u00eetre la vraie vie, et que ce jour-l\u00e0 ta main se serrera plus fort dans la mienne, ta joue sera plus chaude contre ma tempe, tu viendras me dire avec plus de joie que tu es toute ravie et soulag\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors, tu n\u2019aimais pas ma derni\u00e8re lettre\u00a0? Ou bien \u00e9tait-ce plaisanterie mutine\u00a0? Je crois y avoir mis le meilleur, comme toujours. Les mots qu\u2019on te dit n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9crits que pour toi, et mon amour veille, comme il s\u2019\u00e9tend, grandit, p\u00e9n\u00e8tre, t\u2019entoure avec plus de douceur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">T\u2019ai-je dit que cette semaine notre camarade Knipping <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> nous a quitt\u00e9s courageusement pour aller \u00e0 Ch\u00e2tillon. Il est parti comme tant d\u2019autres, happ\u00e9 par le B\u00eate monstrueuse qui d\u00e9vore tous ceux qui pr\u00e9tendent se recommander d\u2019un autre dieu que celui de la foule. On a vu en lui un effroyable ennemi du peuple. C\u2019\u00e9tait le meilleur des hommes et le plus droit des soldats. De m\u00eame cette semaine, mon vieil ami le colonel Bordage a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 mort. Le commissaire du jour qui l\u2019a accus\u00e9 de trahir la France est un juif fra\u00eechement naturalis\u00e9 (depuis 1935) qui, en 14-18 servait (\u00e0 l\u2019arri\u00e8re probablement) dans l\u2019arm\u00e9e autrichienne contre nous. Au nom de quoi ce glorieux officier fut insult\u00e9 par cet ex-moldo-slovaque qui avait, comme tu le vois, toutes les qualit\u00e9s pour donner des le\u00e7ons de patriotisme. Ne nous indignons point. Nous ne sommes plus de ce monde, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans le combat contre ce monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sais-tu \u00e0 quel point la vie est belle ? Comme elle se manifeste toujours pr\u00e9cieuse, pleine de richesses, absolument parfaite. On commence \u00e0 en d\u00e9couvrir la splendeur quand on ferme les yeux. Ce ne sont plus que paysages, villes d\u2019architecture pure, temples extraordinaires, symphonies grandioses, mers immenses, terres promises. Plus loin encore les for\u00eats vierges remplies d\u2019oiseaux de feu, de papillons lents et g\u00e9ants, de serpents tranquilles, de singes charmants\u2026 r\u00e9sonnent d\u00e9j\u00e0 du tam-tam des mondes inconnus aux hommes des cit\u00e9s ordinaires. Puis le ciel se transforme. Il devient plus fluide, s\u2019entrouve en se d\u00e9chirant \u00e0 grand bruit. D\u00e8s lors apparaissent des personnages indescriptibles, les visions intransmissibles qui sont bien plus r\u00e9elles encore que celles de la Terre, et qui vous font oublier la pauvret\u00e9 des sens humains. Quand il nous advient le bonheur de comprendre cet \u00e9tonnant univers qu\u2019on n\u2019explore pas par l\u2019\u0153il de chair, ni par l\u2019oreille sensible, mais par toutes les antennes intimes nous entrons dans un sanctuaire d\u2019un si profond luxe sacr\u00e9 que nous ne pouvons que nous incliner devant l\u2019extraordinaire source de joie qui coule sur l\u2019autel b\u00e9ni. Il nous faut vivre si haut que nous nous en sentons tout r\u00e9joui et l\u00e9ger, et transform\u00e9 et simplifi\u00e9. Et la vie appara\u00eet, enfantine et sublime.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et toi, comment t\u2019aime-je\u00a0? Comme une sainte\u00a0? Comme une enfant\u00a0? Comme une fille si gentille qu\u2019on pense \u00e0 lui prendre \u00e0 pleines mains tous les soucis pour les jeter au feu de l\u2019oubli, et \u00e0 lui dire \u00e0 l\u2019oreille tous les mots qui bercent et gu\u00e9rissent et font vivre. Elle les demande ces mots comme du lait doux quand, toute petite, elle exigeait d\u00e9j\u00e0 l\u2019afflux de la vie en elle. Ils allument dans son c\u0153ur tant de feux lents, tant de pri\u00e8res simples, tant d\u2019amiti\u00e9 sinc\u00e8re, qu\u2019elle les garde comme un ange qu\u2019on a saisi par le pan de la robe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 donc ce mois de juin qui se termine sans heurts. Et pourtant, au dehors l\u2019orage gronde. Mais nous sommes si tranquilles devant l\u2019orage. Le mois de juillet se terminera-t-il de m\u00eame ? O\u00f9 serons-nous ? Dans la m\u00eame cellule encore ? Ou bien\u2026 Peu importe. Nous aurons toujours cette m\u00eame tranquillit\u00e9, cette m\u00eame certitude. Aucun trouble ne pourra nous s\u00e9parer de la vie supr\u00eame qui d\u00e9passe toute condition humaine. Et nous y ferons encore des chansons. \u00c0 moins que ce ne soit encore la m\u00eame cellule. \u00c0 moins que nous soyons ailleurs. Dans quel Paradis ? Et quel meilleur Paradis que tes bras ! Je tiendrai ma promesse pour No\u00ebl. Sans nul doute. Jusque-l\u00e0 nous pourrions avoir des aventures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai vu tout \u00e0 l\u2019heure mon camarade qui m\u2019aide de ses conseils. Il est tr\u00e8s optimiste. Sur ce, moi qui le suis encore plus que lui, je vais me coucher avec la pl\u00e9nitude de tes images dans mes yeux. Et puis je penserai \u00e0 toi en chantant aux \u00e9toiles. Et toutes les \u00e9toiles sont l\u00e0 qui chantent. Il y en a des millions qui sont autant de reines du ciel, qui se prom\u00e8nent sur des routes parfum\u00e9es dans des sillages de lumi\u00e8re, en robe de soir\u00e9e n\u00e9buleuse. Au revoir fillette. Je t\u2019embrasse sur les l\u00e8vres, comme il faut pour que tu sois contente d\u2019aimer.<\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\"><u>Lundi, 7 heures du matin<\/u>.<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma premi\u00e8re pens\u00e9e est pour toi et je me pr\u00e9cipite sur ma lettre. Tu dois \u00eatre si pr\u00e8s que je sens d\u2019ici toute la chaleur de ta gentillesse et j\u2019entends d\u2019ici ton c\u0153ur battre dans le vestibule des colis. Il battra bient\u00f4t, un jour plus prochain que nous le pensons tous les deux, contre le mien, et je lui ferai oublier ses angoisses. D\u00e9j\u00e0, d\u00e8s maintenant, il faut qu\u2019il soit tout calme ce c\u0153ur, en pensant que la vie est l\u00e0, g\u00e9n\u00e9reuse, qui pardonne toutes les fautes et qui gu\u00e9rit tout. D\u00e9j\u00e0, d\u00e8s aujourd\u2019hui, tu ne dois plus avoir aucune crainte, car la protection est immense et le mal recule pour s\u2019enfuir \u00e0 jamais. Sois donc heureuse et pleine de courage. Tout ce qui nous arrive nous confirme notre force. Si tu es mon amie, si tu es ma femme, si tu es mienne, tu dois croire que ce que je te dis est vrai. Je le sens partout en moi comme une pr\u00e9sence vivante, \u00e9ternelle. Il ne faut pas douter. Comme je ne doute point que si tu t\u2019es trouv\u00e9e sur ma route, c\u2019est que tu m\u2019\u00e9tais destin\u00e9e pour de grandes t\u00e2ches. Tu ne seras pas \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi comme une servante, ni comme une imp\u00e9ratrice orgueilleuse, mais comme une compagne \u00e9gale en droits et en travaux de qualit\u00e9. Crois-tu que je te laisserai \u00e0 la cuisine\u00a0? S\u2019il le faut ce ne sera que pour un temps tr\u00e8s court. Moi aussi je sais fort bien cirer les parquets et r\u00e9curer les casseroles. Mais tu n\u2019es pas destin\u00e9e \u00e0 ces besognes. Nous exp\u00e9rimenterons d\u2019abord une p\u00e9riode de travaux litt\u00e9raires, o\u00f9 tu me seras de premi\u00e8re utilit\u00e9, puis nous irons plus avant et tu dirigeras les affaires que je monterai, si les enfants te laissent le temps qu\u2019il faut. Et surtout, nous monterons ensemble, la main dans la main, l\u2019\u00e9troit sentier du bonheur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et pour cela il ne faut plus du tout que tu te r\u00e9voltes ou que tu craignes. Il est un moment o\u00f9 il faut ob\u00e9ir au meilleur conseil, \u00e0 la meilleure voix, la plus douce. Il faut cesser de s\u2019effarer devant les images mauvaises et commencer \u00e0 penser constructivement. Il n\u2019y a pas de d\u00e9mons, d\u2019hommes si mauvais qui veuillent tuer, assassiner ton mari. Il ne faut pas me croire sous la menace mais sous la gr\u00e2ce, quelles que soient les apparences.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien re\u00e7u bon, excellent colis. Merci pour les \u0153illets. Toute ma table en est remplie. Veux-tu noter\u00a0: plus de cire, plus de m\u00e9ta. Inutile ces deux choses. Id pour les allumettes. Le reste va tr\u00e8s tr\u00e8s bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019envoie ce soir un pneu \u00e0 Floriot pour lui signifier mes indications. Qu\u2019il fasse son possible. Et mieux encore. Les nouvelles qui me parviennent aujourd\u2019hui prouvent un d\u00e9sarroi complet dans la politique int\u00e9rieure et europ\u00e9enne. De tr\u00e8s grands \u00e9v\u00e8nements sont en cours. Le gouvernement tiendra-t-il apr\u00e8s la s\u00e9ance d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0? Demain on discute l\u2019amnistie. On a propos\u00e9 la suppression de la peine de mort. Voil\u00e0 qui nous int\u00e9resse. Bient\u00f4t nous aurons la vie \u00e9ternelle. Nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tu es si mignonne dans ma pens\u00e9e\u00a0: un reflet de lumi\u00e8re, un oiseau joyeux, une pure f\u00e9e toute pleine de vaillance et de bonheur. Quand je pense \u00e0 toi, c\u2019est avec toute la joie immense d\u2019un infini in\u00e9puisable. Il semble que tu as besoin de cette becqu\u00e9e tous les jours comme s\u2019il fallait te nourrir de soleil. Eh bien, je te donne toute ma part de soleil, d\u2019autant plus que celui-ci, g\u00e9n\u00e9reusement, me redonne \u00e0 foison tout ce qui s\u2019envole de ma poitrine pour toi, et toute ma part d\u2019amour, et toute ma part de tranquillit\u00e9. Dors avec un sourire si bon qu\u2019il en poussera des roses dans le plafond de ta chambre. Dors avec tous tes anges et tout ton c\u0153ur plein de richesses tendres. Dors en b\u00e9nissant le Fr\u00e9d\u00e9ric qui est le roi des rois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 bient\u00f4t te lire, te voir, et d\u00e9j\u00e0 d\u00e8s maintenant toutes mes mains tendres. Tu es la femme que j\u2019aime parce qu\u2019elle s\u2019est d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 notre bonheur commun comme une ouvri\u00e8re agile. J\u2019embrasse toutes pens\u00e9es une\u00a0 par une. Elles sont si pures qu\u2019elles tracent des \u00e9clairs dans la nuit. Mais je n\u2019ai pas de nuit. Au revoir mon printemps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Max \u00c9douard Hubert Knipping, n\u00e9 \u00e0 Reims en 1892 et mort au fort de Montrouge le 18 juin 1947, fusill\u00e9 pour sa participation active \u00e0 la Milice fran\u00e7aise, est un aviateur fran\u00e7ais, h\u00e9ros de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Il lui fut principalement reproch\u00e9, bien qu&rsquo;il l&rsquo;ait ni\u00e9 \u00e0 son proc\u00e8s en f\u00e9vrier 1947, d&rsquo;avoir organis\u00e9 l&rsquo;assassinat de Georges Mandel, le 7 juillet 1944 en for\u00eat de Fontainebleau, pour venger l&rsquo;assassinat, le 28 juin pr\u00e9c\u00e9dent, du ministre de l&rsquo;Information, Philippe Henriot.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Dimanche 22 juin 1947 Ma ch\u00e9rie, Voici d\u00e9j\u00e0 six jours que j\u2019ai chang\u00e9 de cellule et vis seul \u00e0 partir de 19 heures jusqu\u2019\u00e0 7 heures le lendemain. Depuis trois ans je n\u2019avais pas connu un seul moment de &hellip; <a href=\"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=2365\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":11,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"folder":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2365"}],"collection":[{"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2365"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2365\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3250,"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2365\/revisions\/3250"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2365"}],"wp:term":[{"taxonomy":"folder","embeddable":true,"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ffolder&post=2365"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}