{"id":55,"date":"2021-02-09T16:24:53","date_gmt":"2021-02-09T15:24:53","guid":{"rendered":"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=55"},"modified":"2023-07-14T12:01:18","modified_gmt":"2023-07-14T10:01:18","slug":"en-quete-dun-pere","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=55","title":{"rendered":"En qu\u00eate d&rsquo;un p\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9 \u00e0 Paris pas encore lib\u00e9r\u00e9; en juillet 1944.\u00a0 j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 en famille par trois femmes : ma tante, Georgette, n\u00e9e en 1907, modiste, ma m\u00e8re, Jeanne, c\u00e9libataire, n\u00e9e en 1911, secr\u00e9taire et ma grand-m\u00e8re, Marie, veuve de guerre, n\u00e9e en 1883, employ\u00e9e de bureau au greffe du Tribunal d\u2019Instance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes s\u2019appelaient Roux, comme mon grand-p\u00e8re, le sergent Georges Roux, mort au champ d\u2019honneur \u00e0 Verdun en septembre 1917.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y avait bien une quatri\u00e8me femme, \u00e2g\u00e9e, que maman allait voir de temps en temps avec moi. On l&rsquo;appelait \u00ab\u00a0Mita\u00a0\u00bb. Ce n&rsquo;est que quand j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00ab vieux \u00bb et que j\u2019ai atteint sept ans, \u00ab\u00a0l\u2019\u00e2ge de raison\u00a0\u00bb, qu&rsquo;on m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle \u00e9tait aussi ma grand-m\u00e8re, la m\u00e8re de \u00ab\u00a0mon p\u00e8re \u00bb. Mita s&rsquo;appelait Mamy.<\/p>\n<h1>C&rsquo;est quoi un p\u00e8re ?<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant des ann\u00e9es, j&rsquo;avais cru que je n&rsquo;avais pas de p\u00e8re. Je ne savais m\u00eame pas ce que cela voulait dire. J&rsquo;ai compris plus tard que j&rsquo;\u00e9tais n\u00e9 de p\u00e8re inconnu, au moins pour moi, car ma m\u00e8re le connaissait, mais ne m&rsquo;en parlait pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon p\u00e8re est rest\u00e9 longtemps, tr\u00e8s longtemps, un myst\u00e8re, que m\u00eame adolescent je n&rsquo;ai pas cherch\u00e9 \u00e0 percer. Je sentais que ma m\u00e8re ne le voulait pas et je respectais son silence et son secret. La guerre, p\u00e9riode troubl\u00e9e, n&rsquo;avait pas permis qu&rsquo;ils se marient avant qu&rsquo;il ne meure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Boursier, j\u2019ai fait de bonnes \u00e9tudes et, \u00e0 20 ans, je suis entr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9cole Polytechnique.<\/p>\n<h1>Mais c&rsquo;\u00e9tait qui, ce p\u00e8re ?<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un matin du printemps 1966, alors que j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 peine majeur, j&rsquo;ai re\u00e7u rue Descartes, une lettre sign\u00e9e d\u2019un inconnu, du nom de Bernard Mamy. Il y avait joint la copie d\u2019une lettre sign\u00e9e Jean Mamy, dat\u00e9e du 28 mars 1949. Ce fut pour moi un bouleversement profond.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-68\" src=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/1949-03-28-Jean-Mamy-a-Bernard-Mamy.jpg\" alt=\"\" width=\"1276\" height=\"1746\" srcset=\"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/1949-03-28-Jean-Mamy-a-Bernard-Mamy.jpg 1276w, https:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/1949-03-28-Jean-Mamy-a-Bernard-Mamy-219x300.jpg 219w, https:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/1949-03-28-Jean-Mamy-a-Bernard-Mamy-748x1024.jpg 748w, https:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/1949-03-28-Jean-Mamy-a-Bernard-Mamy-768x1051.jpg 768w, https:\/\/monperejeanmamy.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/1949-03-28-Jean-Mamy-a-Bernard-Mamy-1123x1536.jpg 1123w\" sizes=\"(max-width: 1276px) 100vw, 1276px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sobri\u00e9t\u00e9 de cette derni\u00e8re lettre du condamn\u00e9 \u00e0 mort \u00e0 son fils Bernard, \u00e2g\u00e9 alors d&rsquo;\u00e0 peine plus de 17 ans, n\u2019a d\u2019\u00e9gal que son intensit\u00e9 dramatique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dure mission pour un adolescent \u00e0 peine sorti en 1949 des moments difficiles qui l&rsquo;avaient s\u00e9par\u00e9 d&rsquo;un p\u00e8re aux facettes plus multiples que celles de sa double vie.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">28\/3\/49<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon Bernard<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9preuve que tu subis ne doit pas te para\u00eetre dure si tu sais regarder d\u00e9j\u00e0 plus haut que la terre. Je ne te quitte pas. Je ne quitte personne. Je suis toujours l\u00e0. Il n&rsquo;y a pas de s\u00e9paration. Il faut que tu vives int\u00e9rieurement dans l&rsquo;immense paix de cet Amour indicible que j&rsquo;ai trouv\u00e9 de plus en plus ces jours derniers. Si tu savais comme la vraie vie est pure et belle. La Bible dit \u00ab\u00a0<em>le Royaume de Dieu est au dedans de nous<\/em>\u00a0\u00bb. C&rsquo;est la v\u00e9rit\u00e9 absolue. Tu ne souffriras jamais. Tu rayonneras de joie et de bonheur et tu r\u00e9pandras autour de toi des b\u00e9n\u00e9dictions sans nombre si tu acceptes cette simple v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je t&rsquo;ai aim\u00e9 par dessus tout. Mais avant de partir je dois te faire une confidence : Ne me juge pas. Accepte ce que je demande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 ton insu (car nous \u00e9tions s\u00e9par\u00e9s ta m\u00e8re et moi depuis de longues ann\u00e9es), tu as un fr\u00e8re. Il a cinq ans. Le jour o\u00f9 tu commenceras \u00e0 sentir s&rsquo;\u00e9veiller en toi un sens d&rsquo;affection fraternelle, je voudrais que discr\u00e8tement, sans que ta m\u00e8re en prenne le moindre ombrage, tu le connaisses, tu l&rsquo;aimes, tu le prot\u00e8ges, tu l&rsquo;aides, tu fasses pour lui ce que j&rsquo;aurai fait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tu es mon fils que j&rsquo;adore. Et c&rsquo;est parce que je te sais un grand c\u0153ur loyal, droit, sinc\u00e8re, profond, que j&rsquo;ose te confier cette mission particuli\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je voudrais aussi que tu honores notre nom. J&rsquo;avais consacr\u00e9 ma vie \u00e0 un combat contre l&rsquo;erreur. Monte plus haut que moi. \u00c9limine toute violence. D\u00e9truit toute l&rsquo;erreur par l&rsquo;Amour. Sache que Dieu est notre p\u00e8re \u00e0 tous et qu&rsquo;il est tout. Il te b\u00e9nira sans rel\u00e2che comme il me b\u00e9nit, comme il b\u00e9nit tous les hommes qui ouvrent les mains pour recueillir ses dons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je suis avec toi toujours, puisque je suis avec Dieu. C&rsquo;est en lui que tu me trouveras.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et sans \u00e9motion humaine, mais avec une tendresse infinie, je t&#8217;embrasse. N&rsquo;aies pas de douleur. Tout est bien. \u00c9ternellement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">JM<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">PS\u00a0: Je te confie aussi ma m\u00e8re. Tu l&rsquo;accompagneras jusqu&rsquo;au bout avec un amour totalement d\u00e9vou\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">La lettre de notre p\u00e8re, \u00e9tait dat\u00e9e de la veille de son ex\u00e9cution\u00a0!!! Surprise\u00a0! D\u00e9couverte\u00a0! Interrogations\u00a0! Qui \u00e9tait ce p\u00e8re\u00a0? Pourquoi l\u2019avait-on fusill\u00e9\u00a0? Et ce fr\u00e8re\u00a0? Qui \u00e9tait sa m\u00e8re\u00a0? Et ma m\u00e8re\u00a0? Connaissait-elle ce fils, ce Bernard\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toujours est-il que ce jour-l\u00e0 j\u2019ai su que j\u2019avais un p\u00e8re, j\u2019ai su que j\u2019avais un fr\u00e8re.<\/p>\n<h1>C&rsquo;est quoi ce fr\u00e8re ?<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai longuement lu et relu la lettre de Jean Mamy. J\u2019aurai d\u00fb dire la lettre de mon p\u00e8re, mais c\u2019\u00e9tait quand m\u00eame un peu nouveau pour moi de d\u00e9couvrir, \u00e0 20 ans, que j\u2019avais un p\u00e8re, comme les autres. Un p\u00e8re que je n\u2019avais jamais vu, un p\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9, \u00e7a encore \u00e7a pouvait passer, un p\u00e8re inconnu, passe encore, un p\u00e8re qui aurait abandonn\u00e9 ma m\u00e8re enceinte, il y en avait plein les journaux, mais un p\u00e8re prisonnier, mais pas prisonnier par l\u2019ennemi, un p\u00e8re condamn\u00e9, un p\u00e8re fusill\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La lettre d\u2019accompagnement de Bernard pr\u00e9cisait que le 29 mars 1949 au matin, Jean Mamy, notre p\u00e8re, avait \u00e9t\u00e9 pass\u00e9 par les armes dans les foss\u00e9s du Fort de Montrouge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il me fallait en savoir plus. Il fallait aussi que j\u2019en parle avec ma m\u00e8re, qu\u2019elle me dise tout, ou du moins qu\u2019elle me donne sa version.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle m\u2019a dit \u00ab\u00a0<em>\u00c7a devait arriver, mais maintenant tu es grand, tu es sage, tu peux comprendre, tu es raisonnable. Je pense que tu sauras d\u00e9cider par toi-m\u00eame ce que tu feras dans ta vie sociale\u2026 j\u2019avais peur, j\u2019avais peur que tu sois entra\u00een\u00e9 dans la spirale politique qui a conduit ton p\u00e8re \u00e0 la mort\u2026 j\u2019ai encore peur, mais je n\u2019y peux plus rien. <\/em>\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle ne m\u2019en a pas dit beaucoup plus, si ce n\u2019est que mon p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 cin\u00e9aste, qu\u2019il avait fait beaucoup de jolis films, qu\u2019elle avait travaill\u00e9 avec lui, qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 journaliste, pendant la guerre, que ce qu\u2019il avait \u00e9crit n\u2019avait pas plu, qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 apr\u00e8s la guerre, jug\u00e9 et condamn\u00e9, point final.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne lui ai rien demand\u00e9 de plus, respectant ses silences.<\/p>\n<h1>C&rsquo;est qui ce fr\u00e8re \u00ab \u00e2g\u00e9 de 35 ans \u00e0 sa naissance \u00bb ?<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai tout r\u00e9cemment d\u00e9couvert dans les archives de mon fr\u00e8re qui venait de d\u00e9c\u00e9der le 3 f\u00e9vrier 2023, la lettre manuscrite que je lui avait \u00e9crit en r\u00e9ponse \u00e0 la sienne. Elle est un t\u00e9moin irr\u00e9futable de ma r\u00e9action assez rigide o\u00f9 transpirent mon \u00e9motion et mon bouleversement : pour la d\u00e9couvrir <a href=\"http:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=3194\">cliquez ici.<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques jours plus tard, je rencontrai mon fr\u00e8re pour la premi\u00e8re fois dans son bureau de directeur. Pendant une heure nous avons \u00e9chang\u00e9 sur nos parcours. Il m\u2019a racont\u00e9 un peu de notre p\u00e8re, gu\u00e8re plus que ce que m\u2019avait dit ma m\u00e8re, pratiquement rien sur ses activit\u00e9s politiques, mis \u00e0 part qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 V\u00e9n\u00e9rable de sa Loge avant de quitter la franc-ma\u00e7onnerie, ce qui \u00e9tait pour moi de l\u2019h\u00e9breu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bernard m\u2019a surtout dit combien il avait \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9 par la derni\u00e8re lettre de son p\u00e8re, la d\u00e9couverte de mon existence et que depuis quinze ans, il n\u2019avait cess\u00e9 de chercher \u00e0 me rencontrer pour ob\u00e9ir aux derni\u00e8res volont\u00e9s de notre p\u00e8re, mais que ma m\u00e8re avait toujours fait obstacle \u00e0 ses tentatives.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque l\u2019entretien arriva \u00e0 son terme, nous nous quitt\u00e2mes sans effusion excessive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai mis tr\u00e8s longtemps \u00e0 d\u00e9couvrir quelques bribes de la vie de mon p\u00e8re. Ma m\u00e8re \u00e9tait discr\u00e8te et tenait \u00e0 me prot\u00e9ger des dangers qu&rsquo;elle avait v\u00e9cus, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 des barreaux d&rsquo;or <a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> derri\u00e8re lesquels Jean Mamy lui a \u00e9crit, pendant pr\u00e8s de cinq ann\u00e9es, la lettre d&rsquo;amour hebdomadaire \u00e0 laquelle il avait droit. J&rsquo;ai respect\u00e9 son secret et, m\u00eame si je mourrai de l&rsquo;envie de savoir, je n&rsquo;ai, de son vivant, jamais \u00e9t\u00e9 au del\u00e0 de quelques questions simples et des r\u00e9ponses qu&rsquo;elle a souhait\u00e9 me donner.<\/p>\n<h1>Des lettres de Fresnes \u00ab censur\u00e9es\u00bb<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peu de temps avant le d\u00e9c\u00e8s de ma m\u00e8re en septembre 1994 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Senlis, mon fils ain\u00e9, Pascal, profita de l\u2019appartement du boulevard Diderot o\u00f9 j&rsquo;avais pass\u00e9 ma jeunesse et dont je venais d&rsquo;h\u00e9riter, pour y installer son foyer. Lors de son emm\u00e9nagement, mon deuxi\u00e8me fils, \u00c9ric fit la d\u00e9couverte d\u2019un paquet de lettres ficel\u00e9es dans le bureau de la salle \u00e0 manger. Il les emporta, sans m\u2019en parler, en lut un grand nombre, puis, un jour, me dit : \u00ab <em>Papa, sais-tu que je poss\u00e8de un grand nombre de lettres que ton p\u00e8re a \u00e9crit \u00e0 Mamie avant de mourir\u00a0? Je suis s\u00fbr que \u00e7a te ferai plaisir que je te les restitue.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce sont ces lettres [2] qui m\u2019ont fait d\u00e9couvrir la premi\u00e8re partie de mon p\u00e8re. Un homme amoureux, po\u00e8te, \u00e9crivain, priv\u00e9 de sa libert\u00e9 pour des motifs que je comprenais \u00eatre politiques dans une p\u00e9riode troubl\u00e9e qui ne nous avait jamais \u00e9t\u00e9 enseign\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Un homme qui avait l\u2019espoir d\u2019\u00eatre prochainement libre et qui planifiait de me faire une petite s\u0153ur puis d\u2019aller vivre avec ma m\u00e8re en Argentine ou en Australie ou encore \u00e0 Madagascar, pour s\u2019\u00e9loigner de ses mauvais souvenirs d\u2019une Europe d\u00e9chir\u00e9e par la guerre et de ses anciens adversaires venus au pouvoir.<\/p>\n<h1>Une masse d&rsquo;archives<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">La suite, je l\u2019ai d\u00e9couverte dans les archives de mon p\u00e8re, dans ses manuscrits et dans de nombreux ouvrages historiques o\u00f9 il \u00e9tait question de lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ne pas avoir eu de p\u00e8re pendant mes vingt premi\u00e8res ann\u00e9es ne m\u2019a pas emp\u00each\u00e9 de me construire sainement et solidement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avoir appris \u00e0 20 ans que mon p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9 pour faits de Collaboration, ne m\u2019a pas emp\u00each\u00e9 de faire carri\u00e8re et de r\u00e9ussir ma vie professionnelle et ma vie familiale, sans en subir de v\u00e9ritable perturbation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le temps arriva o\u00f9 j\u2019estimai que Jean Mamy, mon p\u00e8re, m\u00e9ritait mille fois plus que le peu d\u2019int\u00e9r\u00eat que je lui avais consacr\u00e9 jusqu\u2019alors. Et il se peut que les historiens et autres sp\u00e9cialistes des sciences humaines trouvent le livre que je lui ai alors consacr\u00e9, compl\u00e9t\u00e9 par le pr\u00e9sent site, mati\u00e8re int\u00e9ressante pour leurs travaux et leurs r\u00e9flexions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai bien conscience que le sujet est toujours pol\u00e9mique et qu\u2019il peut pr\u00eater \u00e0 toutes sortes de r\u00e9actions, y compris hostiles et violentes, mais j\u2019ai la ferme certitude, quelles que puissent \u00eatre les \u00e9ventuelles attaques que je pourrai subir, qu&rsquo;il fallait que j\u2019\u00e9crive ce livre puis qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui la majorit\u00e9 des \u0153uvres in\u00e9dites de mon p\u00e8re, Jean Mamy, soient progressivement publi\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[1] <em>Les Barreaux d\u2019or<\/em>\u00a0: recueil de po\u00e8mes \u00e9crits par mon p\u00e8re en prison (\u00c9ditions du Ch\u00e2teau, Sion 1962)<br \/>\n[2] Ces lettres sont accessibles via l&rsquo;onglet \u00ab Correspondance \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9 \u00e0 Paris pas encore lib\u00e9r\u00e9; en juillet 1944.\u00a0 j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 en famille par trois femmes : ma tante, Georgette, n\u00e9e en 1907, modiste, ma m\u00e8re, Jeanne, c\u00e9libataire, n\u00e9e en 1911, secr\u00e9taire et ma grand-m\u00e8re, Marie, veuve de guerre, &hellip; <a href=\"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/?page_id=55\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"folder":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/55"}],"collection":[{"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=55"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/55\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3197,"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/55\/revisions\/3197"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=55"}],"wp:term":[{"taxonomy":"folder","embeddable":true,"href":"https:\/\/monperejeanmamy.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ffolder&post=55"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}